Qui suis-je?



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il aura fallu une exposition universelle ratée pour que la ville de HANOVRE se souvienne enfin de l'un de ses fils plus célèbres ...à l'étranger. Mais si la capitale de la Basse-Saxe rend aujourd'hui hommage à KURT SCHWITERS, elle le fait en ayant pris la mesure de son génie et ne se contente pas d'une simple rétrospective.


Vous allez me dire, mais qu'y a-t-il de commun entre KURT SCHWITERS et VERIN ? Rien, seulement j'aime beaucoup KURT SCHWITTERS et VERIN aussi . Le premier rêvait d'un grand tout, le second aussi  .Transformer le monde en oeuvre d'art et sauver l'homme du chaos de la vie,n'y a-t-il pas là un désir mégalomaniaque et surtout,  une attitude philosophique importante quand on sait ce que l'espace peut représenter pour tout un chacun, son occupation, sa vision, son décor, son air, son bien être, son prix.


Je vis dans l'espace, suivant mes états d'âme, dit VERIN. L'espace s'agrandit ou se rétrécit, devient bleu, jaune, rouge, noir ou blanc cireux, tout se forme ou se déforme, tout explose et se recompose, enfin et surtout, tout change .L'art total pour moi,dit il,est une ensemble de cultures où, de l'homme des cavernes au psychopathe,tous ont quelque chose à dire, à vivre, à faire.


La mécanique du Pop Art américain, du néoréalisme, du Fluxus et de la poésie concrète est née de Marcel DUCHAMP et SCHWITTERS, pas de VERIN.Pourtant lui s'accroche à son art PRIMAIRE comme il le définit,l'effleure, joue quelques touches puis repart sur un autre clavier, sur une autre musique.J'ai été fabriqué en Allemagne après guerre,dit-il ; mon père était officier de l'armée d'occupation...en réalité, comme tous les occupants, il s'occupait là bas...Inconscient marquage d'une Allemagne anéantie, mais pleine d'une force incontrôlable,d'où une reconstruction totale.Nous sommes marqués par la terre où nous nous trouvons lors de notre conception. Est-ce vrai ?La résonance est en nous, résonance de cette terre qui nous relie aux autres, au passé, au présent, qui est le lien qui nous rattache tous ensemble, qui nous fait percevoir les mêmes choses et en même temps nous fait comprendre différemment. Les vibrations ne sont jamais les mêmes et leurs échos est variable suivant l'individu. Où nous dirigeons nous ? Ne sommes nous pas saturés d'images, de l'ennui d'une certaine "jeune mondialisation artistique" ? Je ne parlerai pas de la peinture, ou très peu, elle se vit, c'est tout.


Je pense que bientôt nous aurons un grand BOUM, dit-il, tout soufflera et là, nous connaîtrons peut être enfin le grand mystère de la vie...ceux qui resteront bien sûr. D'ailleurs, par quel lien l'Ame est elle rattachée à notre corps ? Sous quelle forme et dans quelles conditions existe-t-elle après la mort ? Nous ignorons aussi l'essence de l'électricité, notre électricité, celle qui vient de nous, celle de la lumière, notre lumière, nos yeux, du son , notre son, notre oreille, et malgré notre ignorance à leur sujet, nous utilisons ces forces pour nous éclairer, nous réchauffer, communiquer, vivre...


Quand je travaillais avec KARL FRANSAERT (artiste flamand abstrait), dans les années 70, notre plus grand bonheur était notre force, notre abstraction totale de nous mêmes à réaliser une oeuvre en commun sans a priori , sans jugement sur l'autre,une liberté totale. Puis nous nous sommes séparés, il est parti vivre aux Philippines, je n'ai pas voulu le suivre, je suis allé le voir, et est venu me voir, mais la distance d'autre choix, d'autres motivations, un autre regard de la part de chacun, nous n'étions plus animés par les mêmes choses, nous n'arrivions plus à réunir nos forces, le fil conducteur était coupé, notre direction n'était plus la même, ni nos fantasmes ni nos besoins... Beaucoup de choses étaient différentes. Maintenant je pense, dit-il qu'il faudrait à nouveau inventer de nouveaux mots, de nouveaux noms, un nouveau vocabulaire, comme l'on a inventé de nouvelles formes dans les constructions, dans le mobilier . En attendant, messieurs les hommes de lettres, vous qui vivez sous la coupole, à vos plumes d'oie! Faîte un peu marcher vos cervelles tant qu'elles ne sont pas trop atteintes!!!bien que!!! je doute.VERIN vit à Paris, travaille dans son atelier d'Aubervilliers, tous les jours, son lyrisme pictural est entêtant pour lui, il a un grand besoin de souffler, de répandre, d'écrire ses photos intérieures avec ses pinceaux ; il refuse beaucoup d'expositions, se montre peu  mais produit intensément. Longue vie à lui, qu'il continue de nous surprendre avec ses drôles de petits bonshommes qui sont vraiment des hommes...